Les médias bientôt exclus des tournois de Poker ?

Une nouvelle affaire de triche est survenue la semaine dernière lors du main event à 1500 € des Dom Classics organisé par casino lariviera se déroulant à Utrecht.

Alors qu’il ne restait plus qu’une trentaine de joueurs sur les 151 au départ de la compétition, Pieter de Korver et d’autres participants ont menacé de quitter le tournoi si l’organisation ne disqualifiait pas un joueur soupçonné de triche. Le joueur en question, Kadir Karabulut, a été surpris, pendant le tournoi, en pleine communication non verbale avec un photographe. Au final, les organisateurs ont mené leur enquête et ont exclu au total trois personnes de tous les casinos de france et d’Europe. Les jetons du tricheur présumé, le fameux Karabulut, ont quant à eux été retirés du tournoi.

Kadir Karabulut n’en était pas apparemment pas à son premier coup d’essai. Il aurait fait partie des faux journalistes ayant aidé Ali Tekintamgac à atteindre la finale du Partouche Poker Tour en septembre dernier.

Ce nouveau scandale risque d’entacher encore plus les relations déjà très tendues entre les médias et les organisateurs de tournoi.

Pourquoi Exclure les Médias du Poker est une erreur
En 1987, les joueurs de la Ligue nationale de football a fait une grève pour exclure les médias du stade. Je n’avais qu’un an, donc heureusement, je n’ai pas eu à regarder des matches avec seulement les joueurs de remplacement. Mais je peux imaginer, et j’imagine que c’était presque aussi nul qu’un spectacle de Michel Sardou. Et heureusement, sans les médias, il n’y avait personne en dehors du stade pour savoir ce qui c’est passé.
Le Big One for One Drop sans la participation des médias spécialisés serait désastreux. Et tout comme avec les joueurs de remplacement de la NFL, le premier problème avec le Big One for One Drop sans les médias est que personne n’est au courant et personne ne veut/peut regarder.
Le fait est que la plupart des fans de poker regarde le sport sur des chaines spécialisés fait qu’on a beau avoir l’habileté des joueurs et la valeur de divertissement des personnages, si personne n’est là pour vous donner les informations, c’est ennuyeux à regarder.
Si vous êtes un fan de poker hardcore, c’est peut être un vrai régal de voir Fedor Holz tourner en rond autour de son adversaire, frapper au bon moment et s’écarter du danger comme un boxeur habile lorsque son adversaire a les atouts. Mais pour des fans plus décontractés qui s’alignent pour écouter les commentaires et en apprendre plus sur le poker, les bouffonneries à table ne seront pas assez pour nous donner envie de chercher des heures sur le web pour trouver quand et où regarder l’évènement.
Dans le cadre du nouveau format Big One de Guy Laliberté, ni ESPN ni PokerNews ne seront autorisés à participer. Et est-ce que quelqu’un est à l’écoute pour regarder Bill Klein s’opposer à Talal Shakerchi ? Sans vouloir les vexer, je suis sceptique, peu importe le montant de l’entrée.
N’oubliez pas non plus que l’objectif déclaré du Big One One est de recueillir des fonds pour la fondation One Drop, qui se consacre à fournir de l’eau potable à ceux qui en ont besoin. Sur chaque tranche de 1.000.000 € d’achat, 111.111 € iront à l’association caritative. Refuser l’entrée à ces gros médias c’est aussi réduire les sommes d’argent possibles dans la cagnotte et, par extension, dans l’organisme de bienfaisance.
De plus, comme nous l’avons déjà dit, les médias et les casinos ont eux le regard tourné vers l’avenir. Une diffusion en direct avec une option de clic rapide pour que les téléspectateurs puissent faire un don à l’organisme de bienfaisance rapporterait probablement plus d’argent à l’organisme de bienfaisance. Mais si personne ne regarde, à quoi cela sert-il ? Refuser l’accès à ces médias serait doublement préjudiciable à la possibilité de lever des fonds.
De nombreux casinos se sont déjà exprimé sur les réseaux sociaux pour exprimer leur mécontentement pour la discipline, l’évènement et l’image des jeux d’argent en général. L’équipe de Casino 777 a fait savoir à sa communauté sur redit qu’ils refuseraient de travailler avec les organisateur sur de futurs évènements tant qu’ils n’auront pas régler leur contentieux avec les médias.
Enfin, refuser aux médias la possibilité de couvrir l’évènement va à l’encontre de l’esprit du poker. Ce jeu a explosé lorsque Chris Moneymaker a prouvé que n’importe qui peut gagner et c’est les médias qui ont relayé son histoire et en ont fait un phénomène qui a bénéficié à la discipline. C’est en grande partie la raison pour laquelle les gens se sont mis à suivre le poker et ils se retireront pour un autre jeu plus accessible si les médias ne sont plus là.